J'aime l'onde qui me meurtrie
J'aime l'orange mécanique
J'aime la claire et la maudite
J'aime le verre, sa mélodie
les géraniums dans leurs paniers fleurissent, la muse qui aime son artiste, les roses de cactus qui brillent, le rose du bicarbonate de soude soude mes germes et mes maladies.
les briques des cabanons sur les dunes resplendissent vers des cieux plus timorés.
J'aime le bouchon dans le Margaux
J'aime la fuite des bateaux
J'aime le tableau du Maquereau
J'aime Goya et Picasso
la serrure qui est rouillée, le sep dans les vignes prépare la lie de mon lit quand mes lèvres se lient ! la terre sous mes ongles rencontre ton dos quand je pince ta peau.
les mes nos soupirs lascifs nous illusionnent sous des draps plus sombres.
J'aime nos étreinte passionnées
J'aime l'usure de tes pieds
J'aime ton requiem de Fauré
J'aime les êtres humains invertébrés
le pluie fine des nuits d'été, tes seules complaintes illettrées résonnent dans l'immensité grise d'un ciel orageux, tes veines qui prennent feu.
la sonnerie des aurores boréales, les courants des coraux estivaux, ta déraison qui meurt qui voit haut, le bonheur d'une humanité déjà vaincue.
la piscine vide le carrelage bleu des lignes de polystyrène des moeurs affranchie des coeurs abattus
l'immondice détritus d'encre séchée d'ancre dorée d'enfance entière des amitiés par terre
des pourtours trop absents
des contours trop succints
des voeux d'orfèvrerie
des peurs surréalistes
L'heure
J'emmène
Je mène
Je meurs

